En attendant le prochain rendez-vous des Passeurs de lecture prévu le vendredi 27 mars à 18h00, nous vous présentons leurs derniers coups de cœur :
Six fourmis blanches-Sandrine Colette,
COUP DE CŒUR DE FABIENNE :
Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s'apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant.
A des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l'effort. Leur cordée a l'air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches.
Lou l'ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c'est pour leur propre survie qu'ils vont devoir lutter.
Son avis :
Un véritable thriller psychologique original et très bien écrit.
L'habit ne fait pas le moine-Gilles Henry, COUP DE CŒUR DE JOSÉ :
Sous la forme d'un dictionnaire aux articles concis et clairs, avec la précision de l'historien et le talent de conteur, ce livre propose de remonter aux sources des expressions imagées et d'en éclairer le sens. Une invitation au voyage dans les "réserves" de la langue française.
Son avis : Petite curiosité de ce rendez-vous-ci, un livre sur l'origine des expressions françaises. Toutes ces petites expressions du quotidien dont nous ne savons pas toujours l'origine."Broyer du noir", "Avoir le béguin"...
Le garçon incassable-Florence Seyvos,
COUP DE CŒUR D'ANNIE MICHÈLE :
Henri est frêle, fragile, "différent". Et pourtant il émane de lui une force étrange. Lorsque sa sœur découvre la vie de Buster Keaton, génie du cinéma burlesque, elle ne peut s'empêcher de penser à lui. Buster est insensible à la douleur, Henri ne peut la dire. L'un effectue des cascades périlleuses, l'autre subit une rééducation éprouvante. Résistants, seuls, insoumis, ce sont deux garçons incassables.
Son avis : Florence Seyvos raconte deux vies qui avancent dans le fracas du monde... Deux vies à part.
C'est un beau roman, au style simple et proche du cœur, qui dit la façon dont chacun grandit dans le regard des autres, comme au cinéma...

Et pour poursuivre cette thématique de la différence : un recueil de poésie :
Et si il ne parlait pas -
Amandine Marembert.
"Et s'il ne parlait pas" est une parole poétique en quête de vérité. Une parole sur le thème de l'amour. L'amour d'une mère, pour son enfant. Pour son enfant qui ne parle pas, ou qui parle comme on dit pas, ainsi que l'affirme sa petite sœur.
Une parole sur l'autre, sur la parole et son absence, sur la différence...
Oona et Salinger- Frédéric Beigbeder, COUP DE CŒUR DE SERGE :
Il arrive toujours un moment où les hommes semblent attendre la catastrophe qui réglera leurs problèmes. Ces périodes sont généralement nommées : avant-guerres. Elles sont assez mal choisies pour tomber amoureux. En 1940, à New-York, un écrivain débutant nommé Jerry Salinger, 21 ans, rencontre Oona O'Neill, 15 ans, la fille du grand dramaturge américain. Leur idylle ne commencera vraiment que l'été suivant... Quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, Salinger est appelé pour combattre en Europe et Oona part tenter sa chance à Hollywood.
Son avis : La forme romanesque choisie par Frédéric Beigbeder permet d'aller bien au delà d'un simple récit biographique et donne à ce texte une dimension historique et philosophique renforcée par les digressions, les pensées que l'auteur adresse aux lecteurs.
La horde du Contrevent - Alain Damasio,
COUP DE CŒUR DE FRANÇOIS :
Berezina - Sylvain Tesson, COUP DE CŒUR DE MARIE-DO :
Sylvain Tesson, écrivain voyageur et russophile patenté, nous entraîne, juché sur un vieux side-car soviétique cacochyme époque Kroutchev, sur les routes empruntées par la Grande Armée napoléonienne lors de la terrible retraite hivernale de Russie. De quelques traits de plume, il magnifie la géographie de ces immensités blanches et tragiques et tout en roulant ou, parfois, après une bonne bouteille de vodka, rétablit quelques vérités historiques volontairement omises par les contempteurs de l'Empereur.
Son avis : Marie-Dominique est une grande adepte de récit de voyage ainsi que de biographie et elle n'a pas été déçu de cette aventure pleine de rebondissements. Il a un style magnifique, avec une vivacité incroyable.
Sylvain Tesson nous emmène sur les traces de Napoléon avec un humour et une écriture surprenante.
Les carnets de guerre, 1914-1918-Ernst Jünger, COUP DE COEUR D'ANNIE :
Fort peu de témoins sont restés autant d'années que lui en première ligne des combats, sans jamais cesser de prendre des notes d'une acuité stupéfiante. Sept fois blessé, Jünger a pu relater avec une objectivité volontairement glaciale les souffrances du fantassin.
Ce témoignage sans fard d'un engagé volontaire de dix-neuf ans ne cache rien des horreurs de la guerre. Mais il ne dissimule pas non plus l'enthousiasme de départ, la joie de se battre et le délire meurtrier qui s'empare des hommes au moment de l'assaut. D'où l'incontestable intérêt historique et documentaire de ces carnets qui révèlent également des aspects inconnus de la personnalité complexe d'Ernst Jünger.
Son avis : Annie a choisi ce livre pour son intérêt historique, puisqu'il est plus facile de trouver des récits de soldats français que de soldats allemands. Un récit très perturbant, dans la façon dont Ernst Jünger nous relate les faits. Il est froid, il voit des corps mais il ne s'attarde pas, il raconte sans aucune émotion. C'est quelqu'un de très sûr de lui. Une vision de la guerre différente mais tout aussi poignante.
Plus haut que la mer-Francesca Melandri, COUP DE CŒUR DE FABIENNE :
1979. Paolo et Luisa prennent le même bateau, chacun de son côté, pour se rendre sur l'Île. Mais ce n'est pas un voyage d'agrément, car c'est là que se trouve la prison de haute sécurité où sont incarcérés le fils de Paolo et le mari de Luisa. Ce dernier est un homme violent qui, après un meurtre commis sous le coup de la colère, a également tué un surveillant en prison, tandis que le premier a été reconnu coupable de plusieurs homicides politiques sur fond de révolution prolétarienne. L'homme et la femme ne se connaissent pas, Paolo est professeur de philosophie, mais il n'enseigne plus ; Luisa, elle, est agricultrice et élève seule ses cinq enfants. A l'issue du voyage et de la brève visite qu'ils font au parloir de la prison, ils ne peuvent repartir comme ils le devraient, car le mistral souffle trop fort. Ils passent donc la nuit sur l'Île, surveillés par un agent, Pierfrancesco Nitti, avec qui une étrange complicité va naître. Pour ces trois êtres malmenés par la vie, cette nuit constitue une révélation et, peut-être aussi, un nouveau départ.
Juste après la pluie-Thomas Vinau, COUP DE CŒUR D'AXELLE :
"Songer, certains dimanches de grands vents pleins de poussière et de lumière, à s'ouvrir le ventre du sol au plafond. Pour aérer à l'intérieur."
C'est par ces mots que commence Juste après la pluie. Avec ce toucher vif et vibrant dont il a le secret, Thomas Vinau nous offre en deux cent quatre-vingts poèmes une histoire qui écope la tempête, les nuages et les mensonges pour que seul reste l'essentiel. Sans grands gestes, en toute simplicité. Dans la même veine que ses œuvres précédentes, Juste après la pluie est un livre d'usage et de combat de tous les jours.
Son avis : C'est un recueil de poèmes rempli de tendresse, de dérision et de beaucoup d'humour, accessible à tous.
L'auteur nous raconte le quotidien avec simplicité mais pourtant avec une puissance incroyable.
Un roman-poésie à découvrir de toute urgence !
vendredi 27 mars à 18h00
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