La pierre vivante, « pietra viva », dans laquelle cette romancière sculpte avec ferveur, est un épisode de la vie de Michel-Ange, au creux d'une carrière de marbre, à Carrare. L'artiste de la Renaissance avait déjà nourri Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, de Mathias Enard, il y a trois ans. Source d'inspiration inépuisable, il offre ici un visage plus ascétique et plus recueilli, en proie à des obsessions à la fois sépulcrales et solaires.
Entre la vie et la mort, ce livre découpe dans le soleil les contours d'une existence aussi fragile que visionnaire
D'une solitude majestueuse, d'une cruauté dévastatrice, Michelangelo avance vers la connaissance de lui-même. Il croise de simples gens, en réalité hors du commun : un enfant pot de colle qui a perdu sa mère et pose trop de questions, un idiot du village qui se prend pour un cheval et caracole dans les prés. Ces grains de « pietra viva » détachés de la masse humaine, éparpillés sur sa route, se glissent dans sa chaussure et le font claudiquer. Jusqu'à ce qu'il comprenne qu'ils ne sont que réminiscences de son passé, morceaux de rêve peut-être, ou prémonitions riches d'un enseignement sur le sens de la vie. Sculpter devient alors un acte de sauvetage, de réanimation des êtres disparus.
Notre avis : Après la lecture de ce roman on ne peut que porter un regard nouveau sur les oeuvres de Michel-Ange.
Pietra Viva-Léonor de Récondo- Sabine Wiespieser,éditeur

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