29.3.17

Coup de coeur : "Tout dort paisiblement, sauf l'amour" de Claude Pujade-Renaud

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Tout dort paisiblement, sauf l’amour

Claude Pujade-Renaud


Le roman, sous forme de journal à quatre mains, commence dans les Antilles danoises et se termine à Copenhague, du milieu du 19e siècle au début du 20e. Régine, mariée à Frederik, le Gouverneur des Antilles danoises, a été la fiancée délaissée de Søren Kierkegaard et partage ses souvenirs, réflexions, impressions de lecture… du moment où elle apprend la mort de ce grand penseur jusqu’à la fin de sa vie.

Sans connaître ou avoir lu Kierkegaard, j’ai aimé les réflexions, modernes et romantiques à la fois, de cette femme vis-à-vis non seulement du « génie » de la famille Kierkegaard-Lund, mais aussi des légendes familiales, des superstitions, voire malédictions, auxquelles son fiancé lui a permis d’échapper, au fond. Le style apparemment simple – comme la Sonate « facile » de Mozart que Régine joue au piano – permet de partager sans voyeurisme l’intimité psychologique et intellectuelle de cette famille : Régine la muse, son mari Frederik grand lecteur de Kierkegaard et victorieux dans sa lutte contre l’esclavage, Henriette la nièce du génie, Henrik le petit-neveu révolté, puis Troels la troisième génération… tous subjugués par la figure du penseur tourmenté.

Claude Pujade-Renaud a soigneusement lu Kierkegaard, jusqu’à sa correspondance, pour construire le roman de ses proches, et le tout est émaillé de citations (dont le titre même du roman) et de musique pour piano : Mozart, le préféré, mais aussi bien sûr Schubert (dont les thèmes des lieder  imprègnent la mythologie familiale), puis plus tardivement Schumann. Les contes y ont aussi leur part, quasi psychanalytique, non moins qu’une variété d’oiseaux dont Kierkegaard  enviait la liberté.

Un roman paisible, introspectif, aux personnages attachants…

Sylvie

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